Damnés de Chuck Palahniuk

Bonjour Satan, c’est moi Madison. Je suis grosse, moche, morte et j’ai treize ans. Voilà en substance une bien belle accroche !

Dans ce roman qui débute donc par la mort de l’héroïne, Chuck Palahniuk nous amène faire un tour du côté de l’enfer tel qu’il le conçoit. Âmes sensibles, s’abstenir : il y a beaucoup de gore et de glauque dans cet univers sous-terrain, vous n’avez qu’à jeter un œil à sa cartographie de l’Hadès… « la Mer des insectes », « le Grand Océan du sperme gâché » et « le Désert des pellicules » pour n’en citer que certains. Si cela ne vous rebute pas à 100%, vous allez adorer ce roman. Je ne peux malheureusement pas comparer avec ses précédents parce que, honte à moi, c’est la première fois que je lis un de ses livres ! Alors oui d’accord, j’ai vu Fight Club mais entre le livre et le film, il y a toujours un grand écart, la libre interprétation des mots contre le spectacle passif des images qui défilent à l’écran. Je ne dénigre pas, j’aime aussi beaucoup regarder des films…

Refermons la parenthèse et rapprochons nous du livre Damnés, DAMNED !

Damnés de Chuck Palahniuk

 

La jeune Madison vient donc de débarquer en enfer, se réveillant dans une cellule crasseuse au possible. Blasée, l’enfant pré-pubère est la fille d’une grande actrice et d’un réalisateur américains qui en a vu d’autres. Ok, l’idée de passer l’éternité sur un sol de pop-corns moisis ne l’enchante guère, mais comparé à ce qu’elle a enduré sur Terre, ça passe ! Elle va évoquer sa vie de mortelle, enfant raisonnable confrontée aux déviances de ses géniteurs, adultes bohèmes au sens critique menant une vie débridée. Madison s’adresse à Satan qui doit bien se terrer dans ce labyrinthe pouilleux. Elle se confie, tentant de comprendre comment on peut mourir d’une « overdose de marijuana », alors qu’autour d’elle d’autres adolescents se font la mâle et l’embarquent dans sa quête .

 Au final, on part à la recherche des antécédents de Madison qui servent de prétexte pour critiquer le monde moderne. Stars de la TV, argent à gogo, excès en tous genres, de la déco à la drogue, de la technologie aux relations sexuelles, tout le monde en prend pour son grade, merci monsieur Palahniuk !

Je ne vous ai pas encore parlé du style de ce roman qui est d’une incroyable richesse. Le ton est courant sans être trop familier, l’organisation d’un chapitre commence toujours pas une adresse à Satan, avant de plonger dans l’action ou au contraire de sombrer dans le passé de la jeune héroïne. Et surtout, vers la fin, on se rend compte du maestro de Palahniuk qui confond son héroïne et son lecteur grâce à plusieurs niveaux d’histoires… Ça vous paraît confus ? C’est volontaire, vous comprendrez quand vous y arriverez !

Ce que je retiendrais de ce livre c’est : une grosse claque pour l’histoire, chapeau pour l’écriture (et la traduction !) et vive la psychologie de haut étage !

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