Enon de Paul Harding

Il y a un an, la fille du narrateur est morte alors qu’elle rentrait de la plage en vélo. Un choc qui va bouleverser la vie de Charly Crosby, le père, qui fait le récit de sa lente agonie sans Kate, qui était tout son avenir. D’anecdotes en rêves, il revoit la jeune fille qu’elle était, leur relation sublimée, l’amour paternel exclusif qu’il lui porte toujours. Une descente aux enfers qui va s’intensifier alors qu’il frappe dans un mur et avale comprimé sur comprimé pour oublier la douleur. Les douleurs. Sa femme part pour rejoindre sa propre famille et lui reste seul dans cette maison pleine de souvenirs avec les démons du passé le tourmentant nuit et jour, indifféremment.

EnonJe n’aurais pas du aimer ce livre. Après tout le sujet est triste au possible, je ne suis pas vraiment adepte des anti-héros plus ou moins loosers brisés par la vie, mais voilà : Paul Harding a un don, il écrit divinement bien, le ton est juste, il n’y a aucune trace de pathos mal placé. Au final, c’est un texte pur et magique, qui hypnotise et nous amène sur les lieux qui hantent le narrateur. Et j’ai donc adoré !

Les toutes premières lignes : 

« La plupart des hommes de ma famille font de leurs épouses des veuves, et de leurs enfants des orphelins. Je suis l’exception. Ma fille unique, Kate, est morte renversée par une voiture alors qu’elle rentrait de la plage à bicyclette, un après-midi de septembre, il y a un an. Elle avait treize ans. Ma femme Susan et moi nous sommes séparés peu de temps après. »

Pourquoi Enon ? Car c’est le lieu de cette petite ville où le personnage principal a passé son enfance, son adolescence ainsi que sa vie de jeune père de famille. Il s’en donc fait le conteur des événements historiques à grande comme à petite échelle, liant toujours Histoire et ressenti personnel. Et encore une fois, c’est grandiose. La quatrième de couverture ne vous ment pas en prônant ce qui suit :

Paul Harding, par la grâce d’une écriture somptueuse, nous offre un texte palpitant, vibrant d’émotion mais aussi d’humour et d’espoir. Loin de tout requiem, Enon est tour à tour une ode aux beautés inaltérables de la nature, un chant d’amour et un trip halluciné d’une drôlerie souvent féroce. Après Les Foudroyés, ce roman nous donne une confirmation magistrale : Paul Harding fait partie des nouveaux grands auteurs de la littérature américaine.

Est-il utile de mentionner que j’avais déjà été troublée et happée par Les Foudroyés, qui a valu le prix Pulitzer à Paul Harding ?! Eh oui, pour son premier roman ! Pour être on ne peut plus clair : si vous aimez la littérature américaine, ne passez pas à côté !

 

 

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