La position de Meg Wolitzer

Le pitch de départ est affriolant : un Kâmasûtra d’un genre nouveau voit le jour au domicile des Mellow, domicile où habitent non seulement les créateurs et joyeux procréateurs de quatre bambins dont la découverte du livre sulfureux va chambouler l’existence. Car il se trouve que ce sont les parents, Paul et Roz, qui ont posé pour les illustrations plus vraies que nature. Ils se retrouvent au centre de l’attention médiatique sans se douter que l’exemplaire que Michael, leur fils, va trouver dans leur bibliothèque, va venir perturber à jamais ces têtes blondes. En le montrant à sa grande sœur adolescente Holly ainsi qu’aux plus petits, Dashiell et Claudia, Michael n’est plus le seul concerné par cette surprenante plongée dans la vie sexuelle de ses parents.

Quels effets auront le livre sur leur vie personnelle ? Comment faire abstraction d’une telle image quand elle est véhiculée par les médias les plus divers dans tout le pays et que votre nom de famille est toujours associé au Plaisir et à la position novatrice quoique fortement critiquée du Pardon électrique ?

Devenus adultes, Michael, Holly, Dashiell et Claudia vont se remémorer leur jeunesse chamboulée à la fois par cet ouvrage et le divorce de Paul et Roz, qui ne sont pas en reste.

La position

Texte vrai sur la famille et ses aléas, La position fait réfléchir, nous embarque aux côtés de personnages plus vrais que nature.

Il n’est pas une famille au monde qui ne possède sa propre ritournelle sans rime ni raison, sa collection de livres tombés aux oubliettes, son calendrier mural ou son tiroir dédié aux piles errantes, et en ce sens, peut-être pas au détail près, toutes les familles se ressemblent.

p.12 ed. 10-18

De ce point de vue, c’est un roman riche et complexe ; mais ce qui m’a laissée un peu sur ma faim, c’est justement le fait que les personnages prennent plus d’importance que l’histoire générale. Ce qui est aussi un bon point en soi : la psychologie est au centre du roman, et il est dur de décortiquer des relations sans entrer dans le ressenti de chacun.

Les gens pensaient ce qu’ils voulaient ; impossible de leur dessiller les yeux, impossible de les contraindre à porter sur vous un regard objectif.

p.174 ed. 10-18

Parfois drôle, souvent dramatique et un peu trop réaliste à mon goût, c’est un roman qui donne à penser, teinté de joies, de rires, mais aussi de pas mal de larmes et de rancœur. Je n’ai pas pu décrocher de la lecture car je voulais connaître les rebondissements des membres de la famille Mellow : on est surpris jusqu’au bout et on s’attache, fatalement, au destin d’une famille qu’on a vue grandir, se perdre, se retrouver, s’éloigner et parfois réussir à se pardonner.

Alors quand même, bien joué Meg Wolitzer !

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2 réflexions sur “La position de Meg Wolitzer

  1. J’ai découvert ce roman il y a deux ans après avoir dévoré les Intéressants. J’ai adoré ! Peut-être parce que j’étais en train d’écrire une saga familiale moi aussi, je ne sais pas. Mais La Position m’a emportée, touchée au plus profond.

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