Mad Max : Fury Road

Avant Fury Road, je n’avais jamais vu un Mad Max. Commencer par celui-là, je ne sais pas si c’est une super idée mais qu’importe puisque j’ai ADORÉ !

Une histoire post-apocalyptique où la folie règne en maître, où des mégalos dégénérés ont fait main basse sur les trop rares richesses d’un nouveau monde où la météo est complètement détraquée, un peuple dévasté qui attend le bon vouloir d’Immortan Joe pour boire, vivant dans la crasse et l’horreur de tares génétiques de plus en plus développées… et là dedans (sur)vit Max, le héros hanté par son passé, notamment le fantôme d’un enfant qu’il n’a manifestement pas réussi à sauver. Max (Tom Hardy) est solitaire et il aurait bien aimé le rester.

Manque de pot il va tomber dans les mains des Warboys d’Immortan Joe et servir de donneur universel à ses fidèles guerriers de la route. Du moins jusqu’à ce qu’il soit obligé d’embarquer sur l’engin de la mort de l’un d’entre eux, parti rechercher la traîtresse Imperator Furiosa (Charlize Theron). Pilote hors pair, l’air peu commode, un bras en moins parfois remplacé par un bras mécanique fort utile, un air résolu quoiqu’elle entreprenne : pour moi Furiosa est véritablement l’héroïne de ce film.

Elle va sacrifier sa position qu’on suppose avantageuse au sein de la Citadelle d’Immortan Joe pour soustraire « ses femmes », les plus belles jeunes filles, à un destin de pondeuse des plus ignobles. Derrière Mad Max : Fury Road, c’est une critique du modèle machiste et de la tyrannie despotique qui voit le jour. Immortan Joe s’est érigé en maître d’un monde ignoblement injuste car il a décidé qu’il détenait l’eau qu’il puise dans sa montagne, baptisée « Aqua Cola »… Il a l’eau, il a le pouvoir de vie et de mort sur des pauvres gens souffrants, sur des garçons qui voient uniquement la lumière du jour quand ils partent en mission dans le désert pour faire le plein de pétrole ou de munitions dans les citadelles voisines. Il use parfois de l’eau pour prouver au peuple qu’il est le maître incontesté et magnanime de ce monde, un véritable dieu que ses Warboys suivraient jusqu’au Walhala qu’il leur a vendu comme le paradis ultime, où ils naîtront à nouveau pour un meilleur destin. Mais bien sûr ! Pas étonnant que ses cinq prisonnières se soient fait la malle…

J’ai beaucoup entendu parler de féminisme en rapport avec ce film, et je suis en accord avec cette analyse globale : les femmes dans Mad Max ont autant de pouvoir que les hommes. Elles conduisent des camions, on des titres prestigieux, elles conduisent des motos, elles sont intelligentes, elles osent braver leurs peurs, elles s’affirment tout simplement comme autre chose que de la chair à canon. Ce qui est intéressant, c’est qu’elles vivent dans une société d’une extrême violence dominée par un maître machiste qui voudrait les réduire à des objets sexuels, à des ventres pour de futurs héritiers, à des seins nourriciers, mais qu’elles se révoltent pour être les maîtresses de leur propre destin et de leur propre corps. On le voit au tout début avec les culottes de chasteté (gros WTF comme on en trouve tant dans ce film !) dont elles se libèrent avec hargne, puis plus loin lorsque la Splendide Angharad se sert de son corps pour protéger ses amis : consciente de ce qu’elle représente pour l’odieux vieillard, elle le défie de la sacrifier pour parvenir à ses fins. Très belle image, très puissante, qui a aussi le mérite de montrer à quel point les apparences peuvent provoquer la perte d’un être obnubilé par celles-ci… A méditer !

Mad Max : Fury Road

Et sinon, je suis passée à côté de l’analyse esthétique et technologique du film, donc quelques mots rapides. J’ai trouvé le montage du film très talentueux. Les images sont époustouflantes, les couleurs magnifiques, la course poursuite sans fin servie par une très bonne bande son qui nous laisse le souffle court. Il y a une multitude de détails qui donnent des airs steampunk franchement géniaux, j’ai aperçu un bouclier fait à partir d’un vieux panneau « Give way » à l’australienne, très bonne manière de rappeler que ce monde est construit sur les ruines du nôtre.

Pour aller plus loin, je vous recommande vivement la lecture du dernier Mad Movies Hors Série n°25 consacré à Mad Max et au cinéma post-apocalyptique : de très bonnes analyses et un historique du cinéma de genre qui donne envie de voir ou revoir pas mal de films !

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