L’Homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kivirähk

Nous sommes dans une forêt, non loin d’une plage en Estonie médiévale. A l’heure où les hommes de fer se sont installés sur un bout de terrain découvert, un homme se souvient des récits de son enfance, ceux qui narrent l’existence de la Salamandre qui brisait ces envahisseurs à la moindre attaque venue de la mer. A l’époque, les hommes étaient encore nombreux à connaître cette langue qui pouvait réveiller le monstre et sauver leur mode de vie forestier. Mais depuis, des hommes se sont installés à l’orée des bois, dans des villages où ils mangent une bouillie infâme et du pain sans goût. Ils ont oublié la langue des serpents, oublié qu’elle pouvait faire obéir n’importe quel animal de la forêt, le forcer à s’arrêter, à être sacrifié pour nourrir les hommes. Ils ont oubliés leurs frères, les serpents, les considèrent désormais comme des monstres à défaut de comprendre leur langage et leurs mises en garde.L'Homme qui savait la langue des serpents

Leemet est sans doute le dernier homme qui sait parler et comprendre la langue des serpents. Il a beau être né au village, il a toujours grandi dans la forêt, suivant l’enseignement de son Oncle Vootele. Au début, il y avait encore bien quelques habitants en plus de sa famille. Puis la forêt s’est dépeuplée, les balades avec Pärtel et Ints se sont espacées, Salme, sa soeur, s’est trouvée un compagnon, seule Hiie et ses fous de parents sont restés.

Les hommes vivent d’espoir, aussi ténu soit-il : ils ne se satisfont jamais de l’idée que quelque chose soit irrémédiable.

p.57 de l’édition en poche

Le récit de Leemet est envoûtant et on prend un réel plaisir à découvrir un monde où la nature est omniprésente et respectée, même si on s’aperçoit tout de suite que le narrateur se trouve à une période charnière qui va confronter son apprentissage au monde nouveau qui s’est installé en Estonie et qui gangrène peu à peu les vieilles croyances. A mi chemin entre le conte et le pamphlet, le texte d’Andrus Kivirähk balade son lecteur d’un monde à l’autre, entre rire et larmes, rage et morale, le tout avec de très beaux moments… et certains passages complètement ahurissants !

Présentation de l’éditeur pour vous donner une idée :

Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède…
Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, un roman à l’humour et à l’imagination délirants.

Un très bon roman qui sort de l’ordinaire, on ne peut pas dire moins, et qui déménage : une lecture que je vous recommande, tout comme elle m’a été recommandée par Madimado !

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