Pêcheur d’Islande de Pierre Loti

Ces derniers temps je (re)lis surtout des « classiques », je me suis laissée tenter par Pêcheur d’Islande de Pierre Loti d’une part parce que je n’avais jamais rien lu de cet auteur, d’autre part car le titre m’intéressait et l’histoire encore plus…

En Bretagne, les marins prennent la mer au retour du Printemps et rentrent à la fin de l’été, après avoir pêché jour et nuit australe sur les mers d’Islande, c’est pourquoi on les nomme communément les « Islandais ». Parmi eux, Sylvestre, jeune marin qui devra bientôt partir servir son pays, et Yann, un grand ténébreux aussi taiseux que la mer est changeante, jouant avec les amantes une fois rentré à terre, adorant la mer, sa future femme aime-t-il à plaisanter lors de ces longues journées en mer. Sur la terre ferme, Gaud et la vieille Yvonne envoient des nouvelles au dernier petit-fils de celle-ci, Sylvestre, que la belle jeune fille d’à peine vingt ans connaît bien et qu’elle considère comme un frère. La demoiselle fait une drôle d’impression dans ce paysage breton : certes elle porte joliment le bonnet, mais ses tenues ont quelque chose de trop parisien, de trop marqué à la taille, qui donnent un air hautain à la Marguerite (Gaud en breton) qui y a vécu grâce à la « richesse » de son père.

Comme vous vous en doutez, le beau ténébreux et la jeune femme vont bien sûr se rencontrer. Ce sera lors d’un mariage, et alors qu’il lui donne le bras Gaud ressent bien qu’elle s’est apprêtée pour lui et lui seul. La soirée magnifique arrivera bien vite à son terme, et le Yann qui avait tant discuté avec elle repartira sur la Marie, fidèle bateau, pêcher dans les vagues du nord ; mais à son retour Gaud ne pourra que vainement rechercher sa compagnie, s’interrogeant alors sur les liens qui les unirent ce fameux soir, sur la personnalité changeante de l’homme qu’elle ne peut s’empêcher d’aimer.

De son côté, Sylvestre est enrôlé. Il aurait bien aimer que Gaud et Yann s’unissent, ses deux proches amis, depuis le temps qu’il essaie de convaincre son compagnon de pêche et beau-frère en devenir. Mais rien à faire, son destin à lui l’attend.

Gaud et Yann quant à eux vont traverser leurs propres enfers, cahotés par la vie et les embruns marins, la vieille Yvonne restée à terre une fois de plus semblant leur ancre, seul point commun qui les rapproche encore.

Alors la vie va-t-elle leur sourire un moment ? Une tragédie s’annonce très vite dans le roman de Pierre Loti, une histoire aussi belle que désolante, rageante et éprouvante.

On en veut un peu à cet officier dans la marine de guerre de malmener autant ses personnages, sans distinction d’âge ni de sexe, les plus innocents se retrouvant bien sûr dans les situations les plus extrêmes. Et en même temps c’est ce qui donne à ce livre toute sa splendeur, voir ces hommes et ces femmes suivre malgré tout le rythme de l’océan, à travers les description du soleil d’Islande, de la mer aux deux visages, des côtes bretonnes où souffle parfois un vent dur, des navires et leurs occupants résignés par la fatalité de leur tâche.

En bref : un superbe roman du XIXème siècle toujours aussi beau, à relire éventuellement dans cette édition de Bleu Autour qui comporte des photographies d’époque ainsi que d’autres superbes illustrations :

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