Oh, boy ! de Marie-Aude Murail

Dix-sept ans.

C’est tardif, mais au moins j’aurai rattrapé mon retard. Et c’est une découverte que je suis heureuse de faire aujourd’hui, à plus de trente ans, je ne sais pas si elle aurait eu le même impact si je l’avais lue à sa sortie, cette histoire drôle et dramatique à la fois. Bien sûr que non, à la réflexion, mais elle aurait quand même eu un impact, quelle claque !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, en voici le résumé de l’école des loisirs :

Ils sont frère et soeurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.

Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac.

Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.

Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie.

Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille.

À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui ! ces deux personnes se détestent.

Ce roman « pour enfants » a le grand mérite de ne pas prendre les enfants pour des idiots. La réalité est servie sur un plateau bien assaisonné : une pointe d’humour, de cynisme, de violence aussi je trouve, notamment à travers certaines réflexions de l’adulte, le peu responsable ou la très responsable ; une pointe de tragique, un énième drame qui s’immisce de la vie des petits Morlevent qui ont décidément bien des épreuves à affronter. Et des petites victoires, des beaux moments pour arrondir l’amertume qui risquait de rester en bouche. Enfin, une fin ouverte, plaisante, qui laisse au lecteur le loisir de décider de ce que le sort leur réservera.

Les personnages les plus attachants ? Quasiment tous en fait ! Bart me sortait un peu par les yeux par moments, mais après tout il n’en est que plus réaliste, et on a hâte qu’il se rende compte que le monde qui l’entoure n’est pas entièrement hostile ou à mépriser. Le trio des petits est délicieux, les paroles de Venise un régal, et les nouveaux adultes qui vont les entourer contribueront à faire évoluer tout ce petit monde, ainsi que certaines voisines en mauvaise posture…

J’ai adoré le paragraphe treize, que je vous restitue dans son intégralité :

Chapitre 13

Qui n’existe pas pour ne pas porter la poisse aux Morlevent

Merci narrateur !

Si comme moi vous hésitiez à rattraper votre retard sur des lectures « jeunesse », je vous recommande chaudement de ne pas passer à côté de livre-ci. Il est beau, il est énervant, il est cruel mais aussi juste. Un coup de cœur en somme.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s